16 avril 1896… 125 ans jour pour jour – Dvořák compose sa toute dernière œuvre chambriste : un quatuor à cordes tendre et optimiste, même si le dernier mouvement débute par une sombre introduction au violoncelle. Une merveille.

Le quatorzième quatuor à cordes d’Antonín Dvořák est sa dernière œuvre chambriste, bien qu’il lui reste, au moment de sa création, huit ans à vivre. Il commence la partition en mars 1895 alors qu’il se trouve à New York, où il avait été appelé trois ans plus tôt pour diriger le Conservatoire de la ville et où il écrira son chef d’œuvre le plus célèbre, la fameuse neuvième symphonie, dite du Nouveau monde. Mais il souffre pendant plus de trois ans d’un terrible mal du pays.

C’est donc à son retour en Bohème qu’il termine ce quatuor, en quatre mouvements, dont la première représentation – en privé – a lieu voici cent vingt-cinq ans à l’hôtel Platiz de Prague. Ce sont quatre étudiants du Conservatoire qui le jouent pour le jour anniversaire du retour du compositeur, véritable gloire nationale, dans son pays. Pour la création publique par le célèbre Quatuor Rosé, il faudra attendre quelques autres mois.

Cette partition retrouve les ingrédients habituels de Dvořák, et en particulier son sens des atmosphères et de la mélodie. L’ensemble est plutôt tendre et optimiste, même si le dernier mouvement débute par une sombre introduction au violoncelle. Le scherzo, placé en seconde position, est d’une très grande beauté, sans outrance et avec beaucoup de tendresse, dans lequel le compositeur reprend une jolie mélodie de son opéra Jakobin, la « berceuse de Julie ». C’est ce mouvement que j’ai choisi pour vous, ici par le dynamique Quatuor Emerson. Mais le troisième, « lento e molto cantabile » est lui aussi magnifique. Il baigne dans la sérénité et la douceur.

Je vous propose le deuxième mouvement, mais ne soyez pas timides, précipitez vous sur le merveilleux troisième aussi ! Durant les années qui lui restent avant sa mort – en 1904, à soixante-trois ans – Dvořák se consacre à l’orchestre et à ses poèmes symphoniques. Mais ses adieux à la musique de chambre ne manquent vraiment pas de panache.

Cédric MANUEL

 



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Rubrique : éphéméride