Instant classique – 16 janvier 1911… 110 ans jour pour jour. Claude Debussy compose une rhapsodie pour clarinette et piano pour les concours d’entrée au Conservatoire. Une œuvre très courte et assez virtuose, dédiée au clarinettiste Prosper Mimart.

Généralement réfractaire aux contraintes et aux charges officielles, Claude Debussy est quand même engagé par le directeur du Conservatoire, le vieux Gabriel Fauré, pour siéger dans le Conseil supérieur de l’institution. Cette fonction le conduit à participer aux orientations de cette dernière, mais l’oblige aussi à participer à l’organisation des concours d’entrée. C’est ainsi qu’il compose au tournant de l’année 1910 une rhapsodie pour clarinette et piano, publiée en mai 1910 et dédiée à Prosper Mimart, qui était précisément professeur de clarinette au Conservatoire.

La souplesse de cet instrument agréable permet à Debussy de composer une partition pleine de charme qu’il orchestrera quelques petits mois plus tard. Mais c’est la version avec piano qui est créée à la Société musicale indépendante ce 16 janvier 1911 par le dédicataire à la clarinette, et c’est donc elle que je vous propose ici, même si la version avec orchestre est aujourd’hui la plus jouée. À ce moment là, la vie de Debussy a déjà basculé. On vient de lui diagnostiquer un redoutable cancer au rectum qui aura raison de lui après bien des souffrances en 1918.

Pour vous présenter cette rhapsodie très courte et assez virtuose, j’ai choisi l’interprétation d’un très grand clarinettiste français, disparu il y a quelques années, et qui compte parmi ses plus grands interprètes, Jacques Lancelot.

Cédric MANUEL

 



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