Instant classique – 17 janvier 1819… 202 ans jour pour jour. Quel bijou de fraîcheur que cette seconde messe composée par Weber, pour les fêtes du jubilé du mariage du roi de Saxe ! Une partition tout en lumière et en profonde gaieté.

En octobre 1718, Carl Maria von Weber met en chantier une nouvelle messe, sa seconde, pour les fêtes du jubilé du mariage du roi Frédéric-Auguste Ier, roi de Saxe, dit « Le juste » avec Amélie de Deux-Ponts-Birkenfeld. Cinquante ans de mariage valent bien une messe. « […] pour celle-ci, je veux me représenter une foule joyeuse priant le Seigneur, et demandant grâce avec une jubilation et une gaieté enfantines », écrit Weber à son ami le poète Johann Friedrich Rochlitz. Il met un peu plus de deux mois à la réaliser et l’achève donc quelques jours avant les fêtes du jubilé.

Il réussit en effet une partition qui frappe par sa lumière, une gaieté profonde la traverse et elle passe comme un doux rêve apaisant (ça tombe bien). Ce sentiment se ressent dès les toutes premières mesures : on y entend distinctement, en croches fragmentées, un sourire guilleret, très inhabituel dans un “Kyrie”. Et pourtant, ce n’est pas la joie, chez les Weber. Sa femme Caroline est malade et il témoignera ensuite combien ces jours qui précédèrent la création avaient été difficiles, alternant les veilles au chevet de Caroline et le peaufinage de son œuvre.

La messe est donc créée voici tout juste deux cent deux ans aujourd’hui. Elle remporte un grand succès, mais Weber écrit : « Depuis, je suis complètement abattu. »

Mais pas nous ! On ne peut qu’être séduit par la fraîcheur de ce bijou, baptisé immédiatement « Jubel-messe » pour rappeler les circonstances de sa création, et qui, malgré son caractère enjoué, se termine tout doucement, comme par surprise.

Cédric MANUEL

 



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