16 juin 1775… 246 années jour pour jour. En huit mois, Mozart écrit cinq concertos pour violon. Même si le deuxième n’a pas le prestige ni la célébrité des suivants, c’est tout de même une œuvre fort charmante…

À peine revenu d’un séjour à Munich, Wolfgang Amadeus Mozart reprend à Salzbourg ses activités officielles auprès du prince-archevêque, le rude Hieronymus von Colloredo, avec qui il n’avait pas les meilleures relations (voici une chose d’ailleurs que l’excellent film Amadeus n’invente pas de toutes pièces). Comme le jeune homme – Mozart a alors dix-neuf ans – ne fait pas les choses à moitié, il écrit ses cinq concertos pour violon – il n’ y en aura pas d’autres – entre avril et décembre 1775 ; il est permis de penser qu’il était, lors des créations, son propre soliste.

Il achève ainsi le deuxième concerto le 16 juin (on ignore quand il l’a créé devant la cour de Colloredo) et, comme les autres, s’inspire beaucoup d’un style très en vogue à ce moment là : le style dit « français ». Qu’est-ce que le style « français » ? Alors là, tenez vous bien : c’est une autre façon de parler d’un style « galant », brillant, élégant, sans lourdeur (du moins c’était le style français au XVIIIe siècle… Depuis, nous avons un peu changé), et qui termine l’œuvre avec un rondeau, mouvement dans lequel le soliste expose un thème directement, sans préalable orchestral, repris ensuite. Il est aussi question de tonalités mineure/majeure, mais je m’arrête là.

Le second concerto n’a pas le prestige ni la célébrité des trois suivants et surtout du cinquième, mais c’est une œuvre fort charmante. Alors, autant vous la proposer dans l’interprétation d’une soliste, Julia Fischer, qui ne l’est pas moins et qui est l’une des grandes violonistes d’aujourd’hui. Interprétation intégrale, car le concerto est relativement court.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »