Redécouvrir le compositeur Nikolaï Miaskovski est une urgence : ses symphonies sont souvent très belles et très intéressantes. Écoutez la 21e, dont nous fêtons les 81 ans de la création aujourd’hui, vous ne le regretterez pas !

Nikolaï Miaskovski est un compositeur russe, né près de Varsovie en 1881, contemporain de Prokofiev (ils avaient dix ans de différence, mais ont toujours été de très grands amis), qu’il est urgent de redécouvrir.

Il est resté très populaire en Russie, où ses nombreuses œuvres – vingt-sept symphonies notamment – sont souvent jouées. Professeur au Conservatoire où il était entré tardivement (son père, ingénieur militaire, le destinait à la même carrière), il fait de son mieux pour éviter d’être broyé par le régime, qui avait la déportation en Sibérie facile. Détestant Staline à titre personnel, il prend soin de ne pas se confronter aux sbires de ce dernier, même s’il est finalement visé, peu avant sa mort en 1950, par le vil rapport Jdanov sur le « formalisme en musique ».

Miaskovski est venu à la musique en entendant la Pathétique de Tchaïkovsky, choc incommensurable qui inscrit sa musique dans les pas de la tradition, mais avec une vraie personnalité. Ses symphonies sont souvent très belles et très intéressantes. En 1940, il termine sa vingt-et-unième, à la suite d’une commande de l’orchestre symphonique de… Chicago, pour fêter les cinquante ans de la création de ce dernier, preuve d’une renommée certaine du compositeur.

Il s’agit d’une courte partition d’un peu plus d’un quart d’heure, très lyrique et inspirée par plusieurs thèmes populaires. C’est un monobloc, un peu comme un poème symphonique et qui est baptisée « symphonie-fantaisie ». On y perçoit des mouvements, mais elle est jouée sans interruption. On y entend déjà, malgré tout, les échos poignants d’une sourde inquiétude.

L’œuvre, créée à Moscou sous la direction d’Alexandre Gauk, un peu plus d’un mois avant son audition à Chicago, reçoit l’année suivante le prix Staline.

Écoutez cette partition, vous ne le regretterez pas.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »