Instant classique – 17 février 1855… 165 ans jour pour jour. En voilà un tube ! Le premier concerto pour piano de Liszt, romantique et tortueux à souhaits et dans lequel on ne s’ennuie jamais (enfin, moi en tout cas), occupe une bonne place dans les enregistrements et les programmes de concert.

Il est aussi bien pratique : il est bref, séduisant et se joue d’un seul tenant. C’est grâce à ce genre de composition qu’on peut éviter au maximum les crachats et autres expectorations des publics indélicats entre les mouvements.

Mais c’est bien sûr davantage que cela. Franz Liszt a commencé à la concevoir lors d’un séjour à Rome, en 1839, l’a laissé végéter pendant des années avant de le terminer en 1848 à Weimar, où il s’est installé quelques temps auparavant. Mais le concerto n’est créé que sept ans plus tard, toujours à Weimar, en son château, avec Liszt au piano et rien moins que Berlioz à la tête de l’orchestre. On ne se refusait rien à l’époque. Il faut bien dire que le public en est resté baba, mais pas pour les raisons qu’on croit : il n’a pas compris la forme de l’œuvre, d’un seul tenant malgré ses quatre mouvements, et qui ressemble davantage à des variations.

Il a aussi beaucoup rigolé en entendant le dialogue inattendu entre le triangle et l’orchestre dans le troisième mouvement. Le sévère critique et (dit-on) bien peu musicien Hanslick dira même : « Mais c’est là un concerto pour triangle ! » Mais peu importe, tout le monde a oublié Hanslick (mais pas sa méchanceté) et le concerto a fait, lui, depuis, une belle carrière.

Le voici dans une interprétation enthousiasmante de Kristian Zimermann, avec le grand Seiji Ozawa à la baguette… quoi que ce merveilleux chef dirigea toujours sans baguette et avec une souplesse de chat.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »