Instant classique – 17 juillet 1717… 301 années jour pour jour. Arrivé en Angleterre en 1712, alors âgé de 27 ans, le Saxon Georg Friedrich Haendel sera naturalisé anglais (non, mais quelle idée !) en 1726 et y remportera ses plus gros triomphes.

En 1717, on lui passe commande d’une série de morceaux, regroupés en trois suites pour orchestre, destinés à être joués lors d’une fête royale sur la Tamise. Lors de cette fête restée célèbre, le roi Georges Ier remonta le fleuve de Whitehall à Chelsea, avant de revenir jusqu’au palais Saint-James. Georges Ier était précédemment l’Électeur de Hanovre, monté sur le trône d’Angleterre en 1714 à la mort de la reine Anne.

Haendel avait d’ailleurs été le compositeur de sa Cour, mais l’avait totalement oublié après son départ en Angleterre, alors qu’il n’avait qu’une autorisation de sortie temporaire. Le nouveau roi, dit-on, lui en garda quelque rancune au départ, mais on raconte que ces nouvelles suites pour orchestre, baptisée justement Water Music, a permis leur réconciliation, ce qui semble très exagéré.

Water Music se décompose donc en trois suites, l’une en fa (la 1ère), l’autre en ré (la seconde) et la dernière en sol, moins connue et destinée aux intérieurs. Les deux premières, majestueuses, ont donc été jouées en extérieur, mais ce que l’on connaît aujourd’hui est une copie plus tardive. On ne sait donc pas si c’est exactement ce que les royales oreilles ont entendu ce 17 juillet 1717.

Paradoxe, cette partition hyper aristocratique est devenue l’une des plus populaires de Haendel, mais comme point trop n’en faut, je vous propose la suite n°2, orgueilleuse avec son célèbre Hornpipe, mais qui a aussi l’avantage d’être assez courte ! 

Cédric MANUEL



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