Instant classique – 17 octobre 1908… 102 ans jour pour jour. Rachmaninov compose sa première sonate pour piano, une œuvre foisonnante, très complexe et si vaste qu’elle est finalement rarement jouée. Nous vous proposons aujourd’hui le dernier mouvement, véritable tourbillon méphistophélique.

La première sonate pour piano de Sergueï Rachmaninov est relativement tardive, puisque le compositeur l’écrit en 1907 pendant son séjour à Dresde. Il a alors trente-quatre ans. Comme il l’écrit à un ami, il imagine un programme pour les trois mouvements consistant en « trois types humains contrastés, pris dans une œuvre de la littérature mondiale ». De fait, le programme reprend celui de la Faust-Symphonie de Liszt, autour du mythe de Goethe : Faust, Marguerite et enfin Mephisto. Il en résulte une œuvre foisonnante, très complexe et si vaste que les virtuoses préfèrent souvent la sonate n°2. Si bien qu’elle est finalement rarement jouée.

Voici cent douze ans à Moscou, ce n’est pas Rachmaninov lui-même – pourtant l’un des plus grands pianistes de l’histoire de la musique – qui joue sa propre œuvre, mais son collègue Constantin Igoummov. Le compositeur attendra cinq ans avant de se lancer dans une seconde sonate qui sera, comme je l’ai indiqué, bien plus populaire.

C’est le dernier mouvement, tourbillon méphistophélique, que j’ai choisi. C’est très dense et Boris Berezovsky, ici à La Roque d’Anthéron voici quelques années, nous y entraîne comme en enfer.

Cédric MANUEL


Image de Une – Eugène Delacroix, L’Ombre de Marguerite apparaissant à Faust (1828)



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