Instant classique – 18 décembre 1904… 115 ans jour pour jour. Josef Suk (1874-1935) était l’élève et le gendre de Dvořák, qu’il vénérait, tout comme la fille de ce dernier, devenue son épouse. Mais 1904 avait été une bien mauvaise année, puisque Dvořák était mort au printemps et bientôt ce serait au tour de l’épouse de Suk. 

Toujours quelque peu sous l’influence artistique de son beau-père, Josef Suk compose cette même année un long poème symphonique destiné à célébrer la ville de Prague, son histoire, sa grandeur et ses souffrances. On y entend des réminiscences d’autres œuvres consacrées par les glorieux aînés de Suk, tel Smetana, au même thème.

Rien d’étonnant dans ce cas à ce que l’œuvre soit parcourue d’épisodes glorieux et presque martiaux, pour monter peu à peu vers une apothéose destinée à proclamer la « suprématie » de la ville sur les autres avec force cloches et orgue. Comme il y va, notre bon Josef !

Pour autant, son œuvre n’est pas celle d’un manchot. Elle varie les atmosphères, joue sur les contrastes et si elle est emphatique, elle n’est pas aussi lourdingue qu’on pourrait le craindre. C’est d’ailleurs son œuvre la plus populaire avec la symphonie Asraël, autrement ambitieuse et chef-d’œuvre absolu.

C’est aussi l’occasion de rendre hommage ici à un grand chef d’orchestre récemment disparu et grand spécialiste de la musique de son pays, Jiří Bělohlávek.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »