Instant classique – 18 juillet 1942… 78 ans jour pour jour. Heitor Villa-Lobos, le grand compositeur brésilien, aimait bien les partitions très chargées, parées de mille couleurs et à l’instrumentation luxuriante, pour mieux figurer à la fois les caractéristiques similaires de son pays et intégrer dans ses partitions les particularités – notamment rythmiques – de la musique populaire brésilienne, avant que João Gilberto révolutionne cette dernière.

C’est aussi l’objet des « Chôros », ces quinze partitions composées durant le séjour de Heitor Villa-Lobos en Europe et tout particulièrement en France, essentiellement entre 1920 et 1929, que le compositeur définit ainsi : « Le chôro représente une nouvelle forme de composition musicale dans laquelle sont synthétisées les différentes modalités de la musique brésilienne, indienne et populaire, ayant pour principaux éléments le rythme et n’importe quelle mélodie typique de caractère populaire, toujours transformée selon la personnalité de l’auteur. Les procédés harmoniques sont eux aussi presque une stylisation complète de l’original. Le mot “Sérénade” peut donner une idée approximative de la signification du chôros. »

En 1928, il compose le onzième de ces quinze Chôros. Il est pour piano et orchestre et ne sera créé que quatorze ans plus tard, voici donc soixante-dix-huit ans aujourd’hui. C’est le plus long des quinze (plus d’une heure) et il est dédié à Arthur Rubinstein, qui pour autant n’en sera pas le créateur, puisque c’est José Vieira Brandão qui sera au piano ce 18 juillet 1942, au théâtre municipal de Rio de Janeiro, sous la direction de Villa-Lobos. Il semble que ce dernier ait travaillé sur cette partition géante pendant de nombreuses années, et celle-ci requiert un effectif orchestral des plus larges, notamment bien sûr dans les percussions.

En voici la partie finale, qui vous fera faire un voyage dans les forêts luxuriantes de ce gigantesque pays… enfin, quand il y en avait. Il existe un enregistrement des deux premières parties avec Villa-Lobos au soir de sa vie, à la tête de l’orchestre de la radiodiffusion française, mais cet extrait, nettement plus récent, placé sous la direction de Sakari Oramo à la tête de l’orchestre de la radio finlandaise, est gorgé grâce à une prise de son idoine, des mille couleurs dont je parlais et qui, je le sais, peuvent donner une indigestion à beaucoup !

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »