18 mai 1949… 72 ans jour pour jour – Beaucoup la considèrent comme une partition mineure voire médiocre. Mais notre chroniqueur, lui, y entend toute la fraîcheur insouciante et la sensibilité parfois ironique de Poulenc. Voici donc sa sonate pour violoncelle et piano, qui fête son 72e anniversaire !

Ça, on peut dire qu’elle n’a pas très bonne réputation, la sonate pour violoncelle et piano de Francis Poulenc ! Il commence à l’écrire à l’été 1940, après avoir été démobilisé et alors qu’il se trouve chez une amie à Brive-la-Gaillarde. Mais il laisse vite tomber cette sonate pour son Histoire de Babar et ses Animaux modèles, deux petits chefs-d’œuvre.

C’est le violoncelliste Pierre Fournier qui lui réclame cette partition en 1948. Il la reprend donc en décembre de cette année, sans grande motivation. Il n’aime pas particulièrement écrire pour les instruments à cordes, ce qui explique sans doute que l’œuvre n’est pas très bien accueillie lors de sa création voici soixante-douze ans salle Gaveau à Paris, avec Pierre Fournier, son dédicataire, au violoncelle, et le compositeur au piano.

Bien des musicologues – le biographe de Poulenc, Henri Hell, en premier rang – considèrent cette partition comme mineure voire médiocre, mais je vous laisse juges. J’y entends moi toute la fraîcheur insouciante et la sensibilité parfois ironique de Poulenc. Pas besoin d’un chef-d’œuvre pour se laisser aller !

J’aurais pu vous proposer une interprétation avec Pierre Fournier lui-même, même si je n’ai pas retrouvé d’enregistrement avec Poulenc. Mais faisons un petit bond dans le temps et retrouvons deux très grands artistes d’aujourd’hui : Alexandre Tharaud et Jean-Guihen Queyras.

Cédric MANUEL



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Rubrique : éphéméride