Instant classique – 18 mars 1904… 116 ans jour pour jour. Grand pédagogue (il a formé notamment Miaskovsky et Prokofiev), Anatole Liadov (1855-1914) est un compositeur moins célèbre et peu enclin aux grands formats. Pour autant, ses partitions n’en manquent pas moins de finesse, de couleurs et de talent.

Professeur d’harmonie très renommé, Anatole Liadov a même écrit un traité sur le sujet avec Rimsky-Korsakov, c’est dire si ce n’est pas un manchot, alors même qu’étudiant au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, il avait été viré pour absentéisme…

Lorsqu’il écrit, Liadov est donc adepte des petites pièces, qui dépassent rarement les dix minutes. Son petit tableau symphonique Baba Yaga, créé voici cent seize ans sous la direction de Félix Blumenfeld à Saint-Pétersbourg, est l’un des plus courts : même pas cinq minutes. Baba Yaga, dans la tradition populaire russe, est une redoutable sorcière qui apparaît dans de nombreux contes. Elle a inspiré de nombreuses partitions (on peut citer bien sûr les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, ou encore Tchaïkovsky) de façon plus ou moins inquiétante, selon la face de la légende slave que l’on veut utiliser. Liadov s’inspire de l’œuvre d’Alexandre Afanassiev, grand spécialiste et chroniqueur des contes populaires russes.

Liadov décrit la sorcière apparaissant sur son balai, qui lui permet d’effacer ses traces. Sur son passage, les branches craquent et elle disparaît. On entend le sifflement caractéristique des flûtes pour illustrer sa course, et c’est le grave basson qui décline le thème de la sorcière, le tout dans une orchestration très riche, proche de ce qu’aurait fait, justement, un Rimsky-Korsakov, bien que la partition soit plutôt dédiée à Vladimir Stassov.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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