Instant classique – 19 décembre 1976… 43 ans jour pour jour.  L’une des dernières œuvres de Britten est destinée à une petite formation, le quatuor à cordes, le compositeur ayant maintes fois démontré sa préférence, en particulier dans ses dernières œuvres, pour un certain minimalisme, lequel n’était synonyme ni d’ennui ni de vacuité, évidemment.

Benjamin Britten revient donc au quatuor trente ans après avoir écrit son précédent opus pour cette formation, et alors qu’il se trouve à Venise, qu’il aime particulièrement et où il vient tenter de retrouver des forces fin 1975, deux ans après une dangereuse opération à cœur ouvert censée soigner une ancienne pathologie cardiaque. Mais depuis cette opération, il sombre peu à peu.

C’est en référence à la Sérénissime qu’il avait composé, juste avant cette opération, son dernier opéra tiré de Thomas Mann, Mort à Venise, et c’est donc là qu’il achève, à l’automne 1975, ce troisième et dernier quatuor, dédié à Hans Keller, musicologue anglais d’origine autrichienne.

Très éprouvé par la perte d’amis chers, au premier rang desquels Chostakovitch en août précédent, mais aussi par la terrible canicule de l’été 1976, le cœur de Britten s’arrête le 4 décembre suivant, avant qu’il ne puisse assister à la création publique de cette œuvre – qui n’est pas tout à fait la dernière, sauf erreur. C’est le Quatuor Amadeus qui crée cette partition déjà hors du temps (son dernier mouvement est simplement sublime, véritable chant testamentaire qui s’achève dans un soupir) à Snape, tout juste quinze jours après sa mort.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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