Instant classique – 19 juillet 1815…  204 ans jour pour jour. Le printemps et l’été 1815 sont particulièrement prolifiques pour le jeune Franz Schubert (à peine dix-huit ans), qui termine à peu près en même temps un quatuor, plusieurs œuvres sacrées, un singspiel totalement oublié (Quatre ans de faction) et une ribambelle de lieder.

Le 24 mai, il se lance en plus dans la composition d’une nouvelle symphonie, sa troisième. Il en dessine rapidement le premier mouvement puis… la laisse tomber, comme à son habitude. Le voilà reparti dans un autre singspiel (Fernando) et dans une période de repos (ah, quand même !). Ce n’est que début juillet qu’il repense à sa symphonie en chantier et il la termine allegro en dix jours.

Cette troisième est la première vraiment « grande » de toute sa série. Il est possible qu’elle ait été jouée en public parmi ses amis par l’orchestre d’amateurs dans lequel Schubert jouait lui-même, mais on n’en sait rien et il est clair qu’elle ne sera donnée pour la première fois officiellement que très longtemps après.

De facture classique dans la production schubertienne (début adagio maestoso), ce petit bijou est un modèle de clarté et de joie, en particulier son finale très italianisant, comme une tarentelle qui vous invite à la danse. Pour la clarté, la danse, l’invitation, qui d’autre que Carlos Kleiber à la tête du Philharmonique de Vienne ? Idéal pour une journée de soleil.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »