Instant classique – 19 novembre 1888… 132 ans jour pour jour. Antonín Dvořák compose un quatuor à cordes, son huitième, qui est aussi le premier dans lequel il trouve vraiment un style propre, toujours avec ce sens de la mélodie qui fait sa signature. Une œuvre d’une âpre beauté.

En 1876, Antonín Dvořák a trente-cinq ans. Il vient de perdre son second fils (il aura neuf enfants) et on peut imaginer que la joie ne l’inonde pas vraiment alors que ce n’est pourtant que le début d’une longue série de deuils, car il perdra deux autres enfants l’année suivante.

Alors qu’il commence son Stabat mater, il se met également à un quatuor à cordes, son huitième, qui est aussi le premier dans lequel il trouve vraiment un style propre, très marqué, davantage détaché de l’influence de Brahms, et toujours avec ce sens de la mélodie qui fait sa signature. En réalité, on ne sait pas bien quand il a été créé. Ce qui est sûr, c’est qu’il a attendu longtemps et que, alors qu’il aurait dû porter le numéro d’opus 27 dans la production du compositeur, il porte le numéro 80, car l’éditeur Simrock n’accepte de le publier que sous ce numéro en 1888 seulement.

Certaines recherches semblent montrer que l’œuvre a été créée à Hambourg voici tout juste cent trente-deux ans. Ce n’est pas sûr, mais ça permet de vous faire connaître une partition fort belle, notamment ce premier mouvement, marqué allegro, certes, mais que traverse une triste agitation. Mais croyez-moi, tout le quatuor est d’une âpre beauté.

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
Parcourez notre éphéméride