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1er avril 1867 : la grosse baleine d’avril de Rossini

1er avril 1867 : la grosse baleine d’avril de Rossini
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Instant classique – 1er avril 1867… 152 ans jour pour jour. Le 1er avril 1867 s’ouvre à Paris l’Exposition universelle, voulue par Napoléon III dès 1864 pour faire une démonstration de la puissance et surtout de la richesse de la France, résumées par l’achèvement des travaux herculéens supervisés par Haussmann à Paris.

Il fallait donc, sur le Champ-de-Mars, lieu de l’Exposition, en faire des tonnes et servir la propagande impériale. Pour l’hymne officiel, on fait donc appel à un Gioachino Rossini qui n’avait plus rien à prouver et qui résidait près de Paris, à Passy, depuis de très nombreuses années. Monument à lui tout seul, il devait donc réaliser une œuvre qui correspondît aux circonstances. Et donc en faire lui aussi des tonnes.

Voici comment est né « l’hymne à Napoléon III et à son vaillant peuple« , qui ne sera en fait joué qu’au concert de clôture de juillet, mais que je ne résiste pas à vous mettre, aujourd’hui 1er avril, pour le 152e anniversaire de l’Exposition universelle, pour laquelle on a vu que Verdi avait de son côté présenté son Don Carlos quelques semaines auparavant, et qui verra aussi la création instrumentale du Beau Danube bleu, j’y reviendrai.

Même si on retrouve, y compris dans cette œuvre de circonstance très pompière, quelques traces du génie mélodique de Rossini, il n’en reste pas moins que le vieux compositeur de 74 ans (il mourra l’année suivante), qui n’avait plus écrit un opéra depuis 1829 et qui avait offert au monde quelque ponctuels traits de génie (Stabat mater, petite messe solennelle, Péchés de vieillesse…) et quelques recettes de cuisine, restait assez réaliste devant cette partition. « Je l’ai composée pour être chantée dans mon jardin de Passy en famille, et pas dans une telle occasion solennelle. Mais on me l’a demandé et je n’ai pas pu refuser. »

Mais pas question de réutiliser l’hymne ailleurs. Et d’ailleurs où trouverait-on les chœurs mixtes, chœurs d’enfants, cloches et canons avec ce que coûte un concert aujourd’hui ? Jetez-y donc une oreille, mais accrochez vous à ce que vous pouvez, c’est du lourd (tout comme les paroles !), ici dans la seule interprétation moderne que je connaisse, dirigée, excusez du peu, par l’actuel patron de la Scala, Riccardo Chailly lui-même. Mais au fond, si Rossini, ce farceur dépressif, avait finalement surtout fait une grosse blague ?…

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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