Instant classique – 1er février 1916… 103 années jour pour jour. En voilà un titre pour une symphonie ! C’est pourtant bien celui que Carl August Nielsen, après une symphonie n°1 sans nom, une deuxième baptisée « les quatre tempéraments », suivie d’une troisième « expansive », choisit pour la quatrième.

Laissons-le nous dire pourquoi : cette œuvre est « une sorte de symphonie en un mouvement qui a l’ambition de représenter tout ce que nous sentons, pensons au sujet de la vie, c’est-à-dire de tout ce qui a la volonté de vivre et d’agir. Tout peut être compris sous ce concept et la musique est une manifestation de la vie ». Et donc que la vie est inextinguible. Cette foi intervient alors que Nielsen compose sa symphonie en pleine guerre et elle ne faiblira qu’avec la symphonie suivante, plus sombre.

Quatre mouvements s’enchaînent dans cette œuvre, créée à Copenhague il y a cent trois ans. En voici le dernier, qui file droit vers la lumière optimiste de la vie et qui doit constituer pour tout timbalier une sorte de morceau de bravoure. Dans l’interprétation magnifique de John Barbirolli, avec son orchestre Hallé de Manchester au Royal Albert Hall en 1965, on s’envole, comme le public, qui explose sans laisser s’installer le moindre silence à la fin.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »