Instant classique – 1er novembre 1873… 145 années jour pour jour. Comme beaucoup de ses collègues, Johannes Brahms s’est régulièrement frotté à l’exercice des variations sur un thème. Et comme beaucoup de ses collègues, il l’a plutôt fait pour le piano (variations sur un thème de Haendel, de Schumann, de Paganini, sur un thème original ou un thème hongrois).

En 1873, il achève celles qui deviendront les plus célèbres, les variations sur un thème de Haydn. Cette fois, il les réalise pour orchestre. Ce seront les seules. D’ailleurs, pour faire bonne mesure, il en produit une version pour piano aussi…

Le thème choisi, attribué à Haydn, n’a jamais été écrit par ce dernier. C’est un choral, dit « choral de Saint-Antoine », thème autrefois très populaire dans les pays germaniques, et qui figurait dans un divertimento du XVIIIe siècle lui-même attribué par erreur à Haydn.

On compte donc huit variations autour de ce thème, jusqu’au finale très solennel. Certaines, comme la 7e variation, sont audacieuses pour l’époque, d’autres sont des claires références à Beethoven ou Bach. L’éclat général, l’ingéniosité, le remarquable assemblage de couleurs que réalise Brahms dans cet exercice font de ce dernier un vrai chef-d’œuvre, resté l’un des plus connus de son auteur, qui en a dirigé lui-même la création il y a tout juste 143 ans à Vienne (il n’avait alors pas encore la longue barbe de patriarche qu’on lui connaît habituellement, et qu’il n’a fait pousser qu’autour de ses cinquante ans, au début des années 1880…).

L’interprétation de Leonard Bernstein, ici avec Vienne aussi, rend justice à la clarté de la partition, même s’il prend un peu son temps.

Cédric MANUEL



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