Instant classique – 2 décembre 1949… 71 années jour pour jour. Le jeune Leonard Bernstein crée l’une des œuvres majeures du répertoire du XXe siècle : la fameuse et énorme « Turangalîlâ-Symphonie » pour piano, ondes Martenot et grand orchestre d’Olivier Messiaen.

Voici soixante-et-onze ans aujourd’hui, c’est le jeune (trente-et-un ans) Leonard Bernstein qui crée à Boston l’une des œuvres majeures du répertoire du XXe siècle, la fameuse Turangalîlâ-Symphonie (prononcez Tourangueulila) pour piano, ondes Martenot et grand orchestre d’Olivier Messiaen. Il s’agit d’une commande du patron de l’orchestre symphonique de Boston, Serge Koussevitsky, quatre ans plus tôt, avec une feuille de route, disons… précise : « Faites moi l’œuvre que vous voulez, dans le style que vous voulez, de la durée que vous voulez, avec la forme instrumentale que vous voulez… »

Messiaen met deux ans à composer ce qui constitue un monument assez énorme : 1h20 de musique avec tout ce que l’orchestre peut compter d’instruments. Il y en a partout : plus de cent musiciens sont nécessaires. La partition pour orchestre fait 430 pages, pas moins. Le titre vient du sanskrit et n’a, semble-t-il, pas de signification propre. Selon Messiaen, c’est un « chant d’amour, un hymne à la joie, temps, mouvement, rythme, vie et mort ».

Le compositeur reviendra plusieurs fois et longuement sur cette œuvre très complexe, pour en expliquer chaque mouvement, dont les ressorts ont des influences très diverses. Il faudrait de longs développements pour vous en parler. C’est encore le musicologue Harry Halbreich qui le résume le mieux : la symphonie est « pareille à une énorme chaîne de montagne ».

En voici le finale jubilatoire (et dixième mouvement), plein d’amour et de joie. Certains disent que c’est la partie la moins intéressante de la symphonie, mais je la trouve si exaltante que je vous la propose ici dans la version d’un des grands spécialistes de Messiaen aujourd’hui, Myung-Whun Chung avec l’orchestre de l’opéra Bastille (eh oui), comme on l’a appelé un temps, lorsqu’il en était le directeur musical.

Cédric MANUEL



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