Instant classique – 2 juin 1919… 101 ans jour pour jour. Paul Hindemith écrit son second quatuor à cordes (qui est en fait le premier qu’on peut considérer comme tel, le quatuor étant par ailleurs sa formation de prédilection) à la toute fin de la Première Guerre mondiale.

Paul Hindemith est alors soldat et son père avait déjà été tué. Il rejoint son régiment en Alsace en janvier 1918 (il a juste vingt-deux ans), au moment même où il commence à composer ce quatuor et il fait d’ailleurs profiter ses camarades de ses talents en formant un tel ensemble au sein du régiment. Mais en mai, il est envoyé dans les Flandres comme sentinelle et il racontera avoir échappé à l’explosion d’une grenade uniquement par miracle. Son quatuor est alors déjà terminé et ne semble pas répercuter les horreurs qu’il a forcément dû voir. On y entend cependant beaucoup d’ironie et de dérision mais aussi, çà et là, une forme de tristesse un peu tendre.

Ce n’est qu’après la guerre que ce chef-d’œuvre très méconnu de l’histoire de la musique de chambre est créé à Francfort. La partition est dédiée à M. et Mme Ronnefeldt, propriétaires d’un très célèbre salon de thé à Francfort, pour leurs noces d’argent. Cette œuvre doit un peu à Richard Strauss, beaucoup à Max Reger, mais il est à souligner qu’elle est d’une invention et d’une richesse remarquables qui rendent incompréhensible sa confidentialité.

C’est pourquoi, puisque par ailleurs c’est le centenaire (+1) de sa création, je vous l’offre dans son entier. Vous verrez qu’il est fort intéressant !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »