Instant classique – 21 janvier 1817… 202 années jour pour jour. Le Florentin Luigi Cherubini, après une carrière essentiellement dominée par les œuvres lyriques – dont le sommet Médée -, se consacra beaucoup à la musique religieuse et celle de chambre, en attendant de devenir le très redouté directeur du Conservatoire de Paris.

Peu regardant sur les commanditaires, il fut aussi un musicien officiel et composa des hymnes révolutionnaires et des œuvres impériales, avant de devenir le musicien de la Cour lors de la Restauration. C’est ainsi que Louis XVIII le fit surintendant de la Chapelle royale dès 1814. Comme disait Edgar Faure, grand spécialiste du transformisme comme on dit en Italie, « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent qui la fait tourner », et la musique n’a pas de parti.

C’est donc à ce dernier titre que le roi commanda à Cherubini une messe de requiem à la mémoire de son frère Louis XVI, qui sera créée le jour du 24e anniversaire de l’exécution de ce dernier, le 21 janvier 1817. L’œuvre fit grand bruit, et même si elle n’éclipse pas le génial Mozart, elle sera admirée profondément par Beethoven, Schumann et Brahms.

Luigi Cherubini ne confie aucune partie à des solistes, ne conservant que le chœur, ce qui accentue la solennité de ce requiem que Berlioz, malgré son inimitié pour le directeur du Conservatoire, n’oubliera pas en faisant le sien.

En voici le remarquable Dies Irae, contrasté et souverain, sous la direction d’un des meilleurs spécialistes de la musique de Cherubini, Riccardo Muti.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »