21 mai 1919… 102 ans jour pour jour – Déprimé par les années de guerre mondiale, Edward Elgar compose un quatuor sinon pessimiste, du moins nostalgique, avec de vrais passages d’aridité.

1900. C’est un violoncelliste qui ne le créera pas qui demande à Edward Elgar d’écrire un quatuor pour sa formation, le quatuor Brodsky. Il s’agit de Carl Fuchs et il n’en jouera pas la première note. Dix-sept ans après, on est en pleine guerre. 1917, c’est l’année des soixante ans d’Elgar. C’est aussi une autre année terrible qui succède à trois autres. Le compositeur est déprimé alors qu’on aborde la quatrième année de ce conflit dévastateur.

Il commence au printemps son quatuor et sa fidèle Alice lui cherche un endroit pour composer sans stress. Elle le trouve avec un cottage dans le Sussex, baptisé Brinkwells. Là, il peut s’abstraire de ce monde si moche. Il abandonne son quatuor, commence une sonate pour violon et piano, puis un quintette – qui sera créé en même temps que le quatuor – et revient à ce dernier plus tard, fin 1918. Il le termine la veille de Noël. Après plusieurs auditions privées début 1919, c’est le 21 mai que la partition est créée à Londres, au Wigmore Hall, non pas par le Quatuor Brodsky, auquel l’œuvre est dédiée malgré toutes ces années, mais par Albert Sammons et William H. Reed aux violons, Raymond Jeremy à l’alto et Felix Salmond au violoncelle.

Comme les autres œuvres plutôt tardives d’Elgar, le quatuor est globalement pessimiste et en tout cas relativement nostalgique, parfois même plutôt aride. Son second mouvement, pourtant marqué « Piacevole » (« Agréable » pour les non italophones), sera interprété pour les funérailles de sa chère Alice en 1920, car elle l’aimait particulièrement.

Cédric MANUEL



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Rubrique : éphéméride