Instant classique – 21 mai 1929… 91 ans jour pour jour. Avant de décider de rentrer en URSS, Prokofiev vit en exil (entre autres) à Paris. Il a de plus en plus le mal du pays.

Serge de Diaghilev, tout puissant patron des fameux Ballets russes, lui commande un nouveau ballet. L’argument de celui-ci est fondé sur la célèbre parabole du Fils prodigue et Sergueï Prokofiev se met au travail dans le courant de l’année 1928.

La chorégraphie en est confiée à George Balanchine, et l’œuvre est créée au théâtre Sarah-Bernhardt à Paris ce 21 mai 1929, dans les décors de Georges Rouault et avec Serge Lifar dans le rôle-titre, sous la direction musicale de Prokofiev lui-même. C’est la dernière œuvre créée pour les Ballets russes, puisque Diaghilev meurt à Venise trois mois après la création.

Prokofiev n’a pas apprécié la chorégraphie de Balanchine, qui en a témoigné plus tard : « Il le voulait plus réaliste ; quand on utilisait le vin, il aurait voulu que ce fût du vrai vin. Diaghilev ne voulut pas et ils se querellèrent. […] Ce que je fis d’abord ne fut pas apprécié par les critiques. Ils trouvaient que ma chorégraphie n’allait pas avec la musique, et qu’on n’y trouvait ni idée religieuse ni atmosphère biblique. Ils ne comprenaient pas que c’était une vision russe de l’histoire et que je l’avais conçue pour le théâtre. En réalisant la chorégraphie, j’avais à l’esprit les icônes byzantines si familières aux russes. »

Mais Prokofiev, en revanche, a apprécié la dernière partie, celle du retour du fils prodigue, accueilli avec bienveillance et douceur par son père, et c’est donc pourquoi je vous propose cet extrait.

Cédric MANUEL

Photographie de Une : Le Retour du fils prodigue de Rembrandt



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »