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22 avril 1912 : la déesse Péri sauvée des flammes de Paul Dukas

22 avril 1912 : la déesse Péri sauvée des flammes de Paul Dukas
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Instant classique – 22 avril 1912… 106 années jour pour jour. Paul Dukas, surtout connu pour son fameux Apprenti sorcier aujourd’hui définitivement associé à Mickey et à Fantasia, était un compositeur discret, qui a surtout voué sa vie à l’enseignement.

Vrai modeste, Paul Dukas portait sur ses œuvres un jugement d’une impitoyable dureté. Pendant les dernières années de sa vie, il a ainsi brûlé de nombreuses partitions qu’il jugeait indignes d’être présentées au public. Il ne nous reste donc que nos yeux pour pleurer et quelques œuvres néanmoins, rares et précieuses.

En 1911, alors âgé de 56 ans, il compose à la demande du chorégraphe Serge Diaghilev un poème symphonique destiné à être dansé. L’argument est tiré d’une légende persane dans laquelle le prince Iskender (Alexandre le Grand) part en quête de la fleur d’immortalité. Il rencontre la Péri, belle déesse endormie qui tient à la main une fleur de lotus. Iskender la lui vole. Lorsqu’elle se réveille et qu’elle découvre le larcin, la Péri se désespère car elle ne pourra plus monter vers la lumière. Mais elle sait qu’Iskender est tombé amoureux d’elle. Elle va donc le séduire en dansant pour lui et, lorsque le prince lui aura rendu la fleur, elle disparaîtra, le condamnant à une mort certaine…

C’est la danseuse russe Natalia Trouhanova qui danse la Péri au Châtelet à Paris, il y a tout juste 106 ans. Mais il s’en est fallu de peu que cette partition pleine de mystère et de splendeurs ne disparaisse elle aussi. Paul Dukas avait en effet dit à des amis quelques mois auparavant : « Si vous trouvez que c’est trop mauvais, je détruis tout le manuscrit, c’est d’ailleurs tout ce qu’il mérite ». Pathologique, on vous dit. Heureusement, la Péri est l’une des rares partitions sauvées et c’est un chef-d’œuvre.

« Une architecture d’un dessin magnifique et d’une ornementation somptueuse ; une sève musicale de la plus rare richesse, où la passion le dispute en intensité à la plus émouvante sérénité. » On ne saurait mieux dire que ce critique de l’époque !

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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