Instant classique – 22 mars 1783… 237 ans jour pour jour. Même peu de temps après leur disparition (respectivement 1750 et 1759), Bach et Haendel ont été vite oubliés de leurs contemporains et de leurs successeurs immédiats (comme quoi…). Mozart ne faisait pas exception.

C’est le baron van Swieten qui les lui fait découvrir, à son grand ébahissement. C’est avec l’art de Bach en tête, en particulier, qu’il se met à la composition d’un troisième concerto pour piano, le dernier financé par une souscription publique lancée fin 1782 et qu’il jouera avec son propre orchestre il y a tout juste ceux cent trente-sept ans, à Vienne, avec un grand succès. Ce qui reste de Bach dans cette œuvre riche et très instrumentée ? L’art du contrepoint, ce tricotage scientifique qui devient chez Mozart une virtuosité légère et fluide, là où elle est chez Bach austère et cérébrale (ce qui n’empêche pas la beauté plastique ! pardon les Bachiens !).

Dès le premier mouvement, on est saisi par le rythme, en l’occurrence celui d’une marche, irrésistible. Après un andante pour une fois vite oublié, le rondo final renoue avec la joie non dénuée d’émotion et qui finit tout doucement, comme par surprise. Sacré Wolfie, va.

Et pour servir au mieux ce petit bijou, Murray Perahia, une fois encore.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »