Instant classique – 22 octobre 1918… 102 ans jour pour jour. Secrétaire particulier de Paul Claudel à l’ambassade de Rio de Janeiro, Darius Milhaud compose six petites symphonies et teste des sonorités nouvelles, entre musique symphonie et musique de chambre. Voici Le Printemps, au nom curieux en ces journées de déclinante lumière.

En 1917, Darius Milhaud est depuis l’année précédente le secrétaire particulier de Paul Claudel, chef de la légation de France à Rio de Janeiro (ce n’est pas encore une ambassade). Les deux hommes ont une collaboration artistique foisonnante.

Lorsque Milhaud achève son petit oratorio L’Enfant prodigue, pour un orchestre de vingt-et-un instrumentistes, il est pris de l’envie de composer pour de petits ensembles de sept à dix instruments, pour tester des sonorités nouvelles. Ce seront les « petites symphonies », écrites entre 1917 et 1923 (il y en aura six). La première, baptisée Printemps, est créée à Rio voici tout juste cent deux ans sous la direction d’Antonio Francisco Braga.

« Le public ne sembla pas surpris par les sonorités de ma musique, mais ignorant ou oubliant qu’à l’époque de Monteverdi, le mot « symphonie » désignait parfois une seule page de musique instrumentale, il s’attendait à entendre une immense œuvre avec un immense orchestre ; il fut choqué par la brièveté de mon morceau. » Voici ce que Milhaud écrit dans sa passionnante autobiographie Ma vie heureuse.

Ces petites partitions, entre musique symphonie et musique de chambre, regorgent du soleil de l’enfance aixoise de Milhaud et de son séjour carioca. Un arc en ciel avec lequel on aimerait tant pouvoir éclairer le Brésil d’aujourd’hui.

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
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