22 septembre 1924 – Nous fêtons aujourd’hui le 97e anniversaire d’un « Tanzstücke pour piano » de Hindemith, une œuvre inspirée de la danse, comme une sorte de longue ivresse chorégraphique inscrite dans un après-guerre fiévreux et incertain.

L’œuvre de Paul Hindemith fait souvent référence à la danse ; c’est elle qui donne à sa musique des rythmes parfois effrénés et presque sauvages, en particulier dans la première période de sa vie créatrice. Ce premier temps voit le compositeur hésiter entre plusieurs styles, parfois relativement rugueux et expressionnistes – tendance qu’il adoucira par la suite et qu’il mâtine déjà d’un lyrisme parfois chaleureux voire de références au symbolisme impressionniste alla Debussy.

En 1920, à vingt-cinq ans, il compose ainsi un « Tanzstücke pour piano », son opus 19, lequel est créé quatre ans plus tard, voici quatre-vingt-dix-sept ans aujourd’hui, par Paul Aron à Dresde.

La partition, en quatre mouvements sans interruption, est une sorte de longue ivresse chorégraphique qui semble inarrêtable (écoutez la vertigineuse pantomime finale) et surtout inscrite totalement dans son temps, cet après-guerre fiévreux et incertain durant lequel on veut tout goûter et tout se permettre, exactement comme on boit pour oublier.

Hindemith est alors l’altiste du Quatuor qu’il a créé en 1921 avec le violoniste Licco Amar pour promouvoir la musique d’avant-garde. Cette pièce pour piano s’inscrit donc dans sa fameuse « Kammermusik », série d’œuvres prolifiques consacrées à des petits ensembles ou à des solistes.

Je n’ai trouvé qu’une seule version intégrale de ce Tanzstücke, qui dure moins d’un quart d’heure, et qui est ici interprété en public, un peu comme dans un cabaret, par Pavel Nersessian.

Cédric MANUEL



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