Il y a 82 ans est créé un chef-d’œuvre mémorable : les variations symphoniques de Zoltán Kodály. Une partition inspirée d’un chant populaire qui décrit l’envol du paon, symbole de liberté – un symbole bien nécessaire au moment où l’Europe revêt un vêtement bien sombre.

C’est pour le cinquantenaire de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, qui le crée voici quatre-vingt-deux ans aujourd’hui sous la direction de Wilhelm Mengelberg, que Kodály Zoltán, comme on dit en Hongrie, compose ces variations symphoniques sur un thème populaire hongrois.

Le compositeur est alors très célèbre, à l’égal de Ernö Dohnányi et de Béla Bartók – ce dernier étant aujourd’hui le plus connu des trois. Ce sont les plus grands compositeurs hongrois de la première moitié du XXe siècle, tous amis et tous au style différent, mais souvent inspirés – surtout pour Bartók et Kodály – des musiques populaires magyars.

Pour ces variations, Kodály s’inspire donc d’un chant populaire qui décrit l’envol du paon. Dans les temps troublés durant lesquels il écrit cette partition, le thème n’est pas choisi au hasard : le paon est en effet un symbole de liberté. Il y a donc un thème exposé aux cordes graves sur fond de timbales en sourdine, et ce thème fait l’objet de seize variations.

Pour moi, c’est un chef-d’œuvre mémorable aux mille couleurs et il est scandaleux qu’il ne soit jamais donné en concert en France. Les dernières variations et le finale sont extraordinaires. Surtout magnifiés par l’orchestre Philharmonia hungarica, et son chef (hongrois lui aussi) Antal Doráti.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »