Instant classique – 23 septembre 1798… 221 ans jour pour jour. À l’été 1798, Joseph Haydn, âgé de soixante-six ans, est angoissé. Alors qu’il se trouve à Eisenstadt, on parle partout de l’expédition de Bonaparte en Égypte.

Les raclées que le jeune général français avait infligées aux Autrichiens en Italie en 1796-97 faisaient craindre de nouveaux triomphes français en Orient. De fait, Haydn n’avait pas encore eu vent de la victoire de Bonaparte sous les Pyramides, en juillet. Le 10 de ce même mois, le compositeur commence une messe « in augustiis », pleine de cette angoisse. Il la termine le 31 août, mais il ne sait pas encore que le 1er août, l’amiral Nelson a détruit la flotte française dans la baie d’Aboukir. C’est à peine quelques jours avant la création de la messe, il y a tout juste 221 ans aujourd’hui, que la nouvelle parvient en Autriche.

Pour autant, rien ne permet d’affirmer que le nom de « messe Nelson » s’impose à ce moment là. En septembre 1800, Nelson et sa chère lady Hamilton font un séjour à Eisenstadt et tout laisse penser que la messe sera alors dirigée par Haydn, qui connaissait Nelson de ses voyages en Angleterre. On ne trouvera cependant des références à Nelson que plus tard, au moment de la mort de Haydn.

Cette messe est splendide, très dramatique, parcourue de tonnerres et d’éclairs. Elle est devenue l’œuvre religieuse la plus populaire de Haydn après la Création. En voici deux extraits qui normalement ne se suivent pas dans la partition : le « kyrie » introductif et le « benedictus », sous la direction de Nikolaus Harnoncourt avec le Concentus Musicus de Vienne.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »