Instant classique – 24 décembre 1858… 161 ans jour pour jour. Après un bref passage à l’église Saint-Merry, dont il tenait les orgues, Camille Saint-Saëns est nommé pour tenir celles de la Madeleine à Paris, église très en vue et extrêmement fréquentée. De quoi assurer au jeune compositeur – il a alors vingt-trois ans – une grande renommée.

De fait, Camille Saint-Saëns dira plus tard avoir goûté là les « plus grandes joies de son existence ». Cela durera vingt ans. Grand improvisateur, il doit néanmoins composer des œuvres pour les grandes occasions qui rythment la vie de la paroisse, Noël en premier lieu. C’est donc en grande hâte qu’il compose en onze jours, en décembre 1858, son oratorio de Noël, juste à temps pour la messe correspondante.

L’oratorio est dédié à la vicomtesse de Grandval, l’une de ses élèves, et ne sera publié que quelques années plus tard. Cet oratorio est d’une grande délicatesse, très agréable, et fait le bonheur des chorales d’amateurs pour les messes correspondantes. Il n’est que modérément religieux, bien des mélodies faisant penser à des œuvres lyriques.

En voici un exemple admirable, ce trio « Tectum Principium », qui reprend le psaume 109 pour soprano, baryton et ténor, accompagnés par une harpe et soutenu par l’orgue. Une page étonnante et pleine de charme où l’on croit entrevoir les anges. Il faut une interprétation qui se tienne, et il n’a pas été très simple d’en trouver, sans vouloir être désagréable envers les amateurs qui s’y sont essayés en se faisant filmer.

Heureusement, voici un enregistrement d’une grande beauté qui, je l’espère, vous permettra de passer une très belle journée avant les agapes et autres cadeaux…

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »