Instant classique – 24 juillet 1828…  191 ans jour pour jour. C’est en 1826 que Niccolò Paganini, alors quarantenaire et déjà célébrissime dans toute l’Europe pour sa technique que certains attribuaient à un pacte avec le diable, compose son troisième concerto pour piano.

Il en fait part dans une lettre de décembre 1826 à l’un de ses amis italiens alors qu’il se trouve à Naples, précisant qu’il souhaite présenter cette nouvelle œuvre d’abord à ses compatriotes (il parlait des Italiens, lui-même était Génois) plutôt que lors d’une de ses tournées à Londres, Paris ou Vienne. Mais il semble bien qu’il n’y ait pas vraiment réussi : la création semble en avoir été réalisée à Vienne voici tout juste 191 ans aujourd’hui avec, évidemment, l’auteur au violon.

Dans cette même lettre, il dit avoir ajouté une « Polacca » en guise de troisième mouvement, un « andantino vivace » charmant et difficile. Diabolique, en somme.

Alors, pourquoi un « miracle » ? Parce que c’est le seul des six concertos de Paganini dont nous avons toute la partition pour orchestre, autographe et originale. Les autres ont dû faire l’objet de patients travaux de reconstitution. Encore que, me direz-vous, son quatrième sera retrouvé en 1936 dans une poubelle… Mais le troisième n’en sera pas moins totalement oublié pendant plus d’un siècle avant d’être redécouvert dans les années 1960.

Le violoniste italien Salvatore Accardo est l’un des plus grands spécialistes de Paganini et n’a pas peu contribué au travail précité. Le voici donc dans cette fameuse Polacca, accompagné par l’orchestre philharmonique de Londres dirigé par Charles Dutoit.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »