24 juin 1774… 247 années jour pour jour. Mozart compose une courte messe, pleine de grâce et d’élégance, avec une inspiration qui peut rappeler la musique religieuse napolitaine.

En cet été 1774, Wolfgang Amadeus Mozart a dix-huit ans. Son père et lui-même avaient espéré obtenir enfin obtenir un poste à la Cour impériale, à Vienne, en janvier. Mais Marie-Thérèse avait arrêté son choix sur un autre musicien, laissant papa Léopold dans le plus grand désarroi.

Il leur fallait donc rester à Salzbourg, au service du prince-archevêque, le terrible Colloredo (celui qu’on voit dans Amadeus, non sans une certaine ressemblance avec ce qu’on connaît du visage de ce prélat très sévère). Mozart ne l’aime pas du tout, la réciproque étant vraie. Au moins Colloredo sait-il la valeur de son jeune musicien. Alors il le fait cracher de la partition.

Mozart compose, compose et compose encore, notamment pour les services religieux. En juin et août, il fera deux messes, un Magnificat et un Dixit. C’est la première de ces messes qui est achevée le 24 juin, notée K192 dans le catalogue de Köchel. C’est une missa brevis et donc, elle est… brève. C’est une exigence très claire du prince-archevêque et, honnêtement, on ne saurait lui reprocher de chercher à réduire la durée des offices !

Mozart compose donc une partition simplifiée, pour cordes et orgue, avec des plages instrumentales significatives et du meilleur goût, la messe étant elle-même pleine de grâce et d’élégance, avec une inspiration qui peut rappeler la musique religieuse napolitaine.

L’histoire ne dit pas ce qu’en a pensé le Prince-archevêque, mais ce qui est sûr, c’est que Mozart s’enfonce dans un travail qui lui paraît bien vite très routinier. Ce qui n’enlève pas son charme à cette jolie messe.

Cédric MANUEL



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