Instant classique – 25 août 1784… 236 ans jour pour jour. C’est bien le 25 août 1784 qui figure sur la partition des dix variations en sol majeur sur un air de Gluck : « Unser dummer pöbel meint ». Mais on ne sait pas bien pourquoi il inscrit cette date car ces variations avaient été jouées devant Joseph II lui-même dix-huit mois plus tôt.

Wolfgang Amadeus Mozart avait présenté ce jour là des variations sur un air de Paisiello et celles qui nous occupent aujourd’hui. Et pourtant, c’est bien une autre date qui figure. Il faut dire qu’en août 1784, il n’a rien écrit depuis le printemps alors on peut penser qu’il inscrit ce morceau pour alimenter son catalogue, qu’il ne doit pas laisser en déshérence et ce n’est pas la première fois.

De plus, ce 25 août, Mozart est malade, un peu comme votre serviteur mais la comparaison s’arrêtera là. Lui, ce n’est pas une climatisation trop mal réglée qui l’a frappé, mais il a pris froid en sortant de la première représentation du Roi Théodore à Venise de Giovanni Paisiello à Vienne, opéra dont je vous ai parlé l’an dernier le 23 août, vous savez cette incroyable histoire de roi corse qui n’a jamais réussi à régner. Bref, Mozart restera alité plusieurs semaines tout de même !

L’air de Gluck sur lequel il a écrit ces dix variations est tiré d’un opéra-comique assez oublié du chevalier : Les Pèlerins de La Mecque, et on l’appelle parfois « air du Calender » ou « air du derviche ». Le personnage en question est un fieffé hypocrite, une sorte de Tartuffe façon grosse farce. Mozart en tire de fort jolies variations ici jouées par le grand Wilhelm Kempff en concert (c’est un vieil enregistrement, le son n’est donc pas parfait !)

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »