Instant classique – 25 février 1936… 85 ans jour pour jour. Jacques Ibert, excellent compositeur un peu trop ignoré aujourd’hui, compose un Concerto pour flûte qui fourmille d’idées et d’atmosphères tout à fait réjouissantes.

Non seulement on connaît mal Jacques Ibert – qui fut l’un de nos meilleurs compositeurs avant-guerre et un peu après, mais aussi longtemps directeur de la Villa Médicis à Rome – mais de plus, lorsqu’on le connaît, on ignore quelque peu son œuvre, ou du moins lui jette-t-on un regard condescendant. Et comme je le dis souvent, ce n’est pas juste.

Tenez, par exemple, voici quatre-vingt-cinq ans ce 25 février était créé son Concerto pour flûte, écrit en 1932-1933. Ce n’est pourtant pas rien son concerto pour flûte. Il fourmille d’idées et d’atmosphères tout à fait réjouissantes, tour à tour fauréennes et plus proches d’un Francis Poulenc à d’autres moments. Les flûtistes le vénèrent car ils y trouvent une grande qualité d’écriture pour leur instrument et aussi beaucoup de virtuosité. C’est d’ailleurs l’un des plus grands flûtistes français d’avant-guerre, Marcel Moyse, qui en est le dédicataire et le créateur. Il y a quatre-vingt-cinq ans, c’était lui, avec l’orchestre de la Société des concerts du conservatoire dirigé par Philippe Gaubert.

Trois mouvements, comme le veut la tradition, très différents les uns des autres. J’ai choisi le magnifique troisième, tourbillonnant, mais aussi parfois mélancolique, avec à la flûte rien moins qu’Emmanuel Pahud.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »