Instant classique – 25 novembre 1888… 132 ans jour pour jour. Création d’un tube archi-connu de la musique : la Pavane de Gabriel Fauré. Une œuvre très délicate et pleine de charme, mais pas sans nostalgie.

Ça, pour un tube, c’en est un. Tous ceux qui ne connaissent rien à la musique dite classique connaissent la Pavane de Gabriel Fauré. On l’entend à tout propos, dans des films comme dans la publicité, qui s’en est servie je ne sais combien de fois.

En 1887, alors qu’il achève la première version de son Requiem, le délicat – mais aussi quelque peu séducteur – Fauré compose une pièce pour petit orchestre, dans laquelle il dresse le portrait en musique d’une de ses jeunes amies, Élisabeth de Riquet, comtesse de Caraman-Chimay, comtesse Geffulhe, à qui il dédie la partition. Cette aristocrate, qui a alors vingt-sept ans, est réputée dans tout Paris pour sa beauté délicate. Fauré l’appelait « Madame ma fée » voire même « mon roi de Bavière », en référence à ce qu’avait été Louis II pour Wagner, car elle l’aidera beaucoup financièrement et par son influence, c’est elle qui le fera élire à l’Institut de France plus de vingt ans après. Elle sera aussi le modèle de la fameuse duchesse de Guermantes de Proust.

La création de la Pavane a lieu voici tout juste cent trente-deux ans aux Concerts… Lamoureux (tiens donc, bizarrement, Fauré n’avait pas confié sa pièce aux Concerts Colonne). Heureusement, c’est la version orchestrale qui constitue l’original. Car trois jours après, Fauré colle à la fin de sa pavane un texte pour petit chœur de femmes, écrit par le cousin de la comtesse, le comte de Montesquiou-Fezensac. Autant vous dire que le texte en question est d’une telle faiblesse qu’on vous l’épargnera.

Cette pavane célébrissime, très délicate et pleine de charme, censée dresser le portrait d’une femme belle et idéalisée, est surtout emplie d’une profonde nostalgie. Ne pleurez pas, madame, après ça, tout ira mieux.

Cédric MANUEL

 



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