25 septembre 1869 – La deuxième messe de Bruckner, créée il y 152 ans aujourd’hui, est un « monument remarquable, tant sur le plan technique que spirituel », de l’avis du grand musicologue Jean Gallois. La preuve avec le doux Kyrie, plein de sereine lumière…

Anton Bruckner, grand bigot confit en dévotion devant l’Éternel, a réalisé de nombreuses œuvres religieuses, la plupart de circonstance, en particulier lorsqu’il était assistant-instituteur pour l’abbaye de Saint-Florian, près de Linz. Mais s’il a ainsi composé plusieurs messes, on ne donne un numéro qu’aux trois principales, et on en connaît surtout la magistrale troisième.

Voici cent cinquante-deux ans aujourd’hui, cependant, est créée la deuxième, davantage prisée outre-Rhin et en Autriche car souvent chantée par des chœurs amateurs ou semi-professionnels.

Cette messe, Bruckner la compose en 1866, longtemps après avoir quitté Saint-Florian. Il a alors quarante ans et réalise en même temps sa première symphonie. La messe était au départ destinée à la consécration de la chapelle votive de la cathédrale de Linz, mais Bruckner ne la crée lui-même que trois ans plus tard, à Linz tout de même, et avec lui à la direction. Comme d’habitude, cet éternel irrésolu, perfectionniste jusqu’à l’obsession, révise sa partition plusieurs fois, jusqu’en 1885.

Cette œuvre, composée pour chœur à huit voix et orchestre de vents, montre l’attachement profond de Bruckner pour les maîtres polyphonistes des siècles précédents et sa science du contrepoint, qu’il va d’ailleurs bientôt enseigner au Conservatoire de Vienne. Beaucoup de musicologues l’aiment particulièrement. Jean Gallois disait d’elle qu’elle est un « monument remarquable, tant sur le plan technique que spirituel ». De ce point de vue, le doux Kyrie initial baigne dans une lumière sereine.

Cédric MANUEL



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