Instant classique – 26 février 1935… 85 ans jour pour jour. En 1932, Reynaldo Hahn lègue au Conservatoire de Paris un certain nombre de documents. En regardant de près ce que le legs d’un personnage si important dans le paysage musical de la fin du XIXe et du début du XXe siècle pouvait contenir d’important, le Conservatoire découvre une partition pour orchestre de Georges Bizet.

Il s’agit d’une symphonie composée alors que Georges Bizet poursuivait ses études et qu’il avait commencée après avoir entendu la première symphonie de Gounod en avril 1855. C’est peu dire que l’élève avait dépassé le maître ! Une fois étudiée et authentifiée, la partition est créée à Bâle, sous la direction de Félix Weingartner, qui ne la fera exécuter à Paris qu’un an plus tard.

Bizet n’attachait guère d’importance à cette partition, devenue pourtant un pilier du répertoire des orchestres. Il y voyait, semble-t-il, un simple exercice scolaire et n’a jamais cherché ni à la publier, ni à la faire exécuter. Voire ! Ce chef-d’œuvre, très inspiré de Mendelssohn ou de Schubert est un bijou mélodique et gracieux, d’un classicisme qui n’a rien d’étonnant chez un élève du Conservatoire, mais qui annonce le génie, hélas bridé par lui-même (Bizet était si perfectionniste qu’il a laissé nombre de partitions inachevées) et par les autres (il a affronté un mépris quasi permanent) alors qu’il n’a vécu que 36 ans.

Si le premier enregistrement (trouvable sur Youtube) date de 1937, j’ai préféré partager avec vous une captation plus tardive et bien meilleure (vous entendrez tout !), par l’immense Charles Munch… et tant pis s’il dirige ici un orchestre anglais !

Si vous n’avez pas le temps, allez directement au dernier mouvement, très schubertien et vertigineux, qui vous mettra en joie.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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