Instant classique – 27 juillet 1782… 238 ans jour pour jour. Entre le 16 et le 20 juillet 1782, le sévère Léopold Mozart, père de Wolfgang, écrit à ce dernier pour lui demander une nouvelle sérénade pour la famille Haffner.

Wolfgang Amadeus Mozart lui répond le 20 sur un ton assez désabusé : il veut bien écrire la sérénade, mais il devra le faire la nuit car il est déjà surbooké par la réduction de son Enlèvement au sérail – donné le 16 juillet précédent à Vienne – afin de le commercialiser. Le 27 juillet, nouvelle lettre : il n’a pas achevé la sérénade pour Haffner, dont il n’a composé « que » le premier mouvement, car il a dû composer en toute hâte une autre sérénade pour octuor de vents (deux hautbois, deux clarinettes, deux cors, deux bassons).

Pourquoi ? Pour qui ? Pourquoi si vite ? On n’en sait rien. On ne sait pas davantage pourquoi il a choisi de l’écrire pour huit instruments et pourquoi sa tonalité (mineure) est plutôt sombre, voire même dramatique.

La réponse est peut-être à rechercher dans cette même lettre du 27 juillet. Il y demande un peu maladroitement à son père l’autorisation de se marier. Constance Weber est alors réfugiée chez la baronne de Waldstäten et peut-être Mozart a-t-il écrit cette sérénade en remerciement pour les bons soins de la baronne pour sa promise. Mozart dira plus tard que Constance avait été malade et qu’il aurait juré de l’épouser dès qu’elle serait guérie : ce sera l’objet de la fameuse grande messe en ut mineur (inachevée), qui a la particularité d’être dans la même tonalité que cette sérénade.

Pour le reste, laissons conjecturer les historiens, la sérénade pour octuor d’instruments à vents n’en est pas moins élégante et remarquable, même si elle n’a finalement presque rien d’une sérénade….

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »