Instant classique – 27 juin 1965… 54 ans jour pour jour. Benjamin Britten rencontre Mstislav Rostropovitch à Londres au tout début des années 1960, grâce à l’entremise de Chostakovitch. Ils deviennent des amis proches.

Dès 1964, au retour d’une tournée en URSS d’où Rostropovitch n’avait pas encore été chassé, Britten écrit une sonate pour violoncelle seul, qu’il dédie à son ami, lequel la créera au festival d’Aldeburgh. C’est un paquet de trois groupes formés de deux mouvements chacun, séparés par un chant qui fait office de trait d’union, un peu comme la mélodie qui ouvre les tableaux d’un exposition de Moussorgski. Un début lent et poignant (le « lamento » !) laisse peu à peu la place à une atmosphère plus sereine avant de se conclure sur le chant initial.

C’est le dédicataire que l’on entend ici, qui montre par sa profondeur et sa sensibilité l’affinité profonde de l’interprète avec la musique du créateur, jouant un instrument à la noblesse raffinée dont il fait absolument tout ce qu’il veut.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »