Instant classique – 27 septembre 1813… 206 ans jour pour jour. Il est encore question d’anniversaire aujourd’hui. Pas celui de la naissance ou de la disparition d’un compositeur. Pas seulement celui d’une œuvre, mais bien celui du père de Franz Schubert.

Ce dernier, qui a alors seize ans, écrit en effet une petite cantate pour trois voix (deux ténors et une basse) et guitare, qu’il achève voici juste deux cent six ans, pour le « jour de la fête du père ». Il en écrit lui-même les paroles, d’une touchante mièvrerie, lui qui n’a pas toujours eu les meilleures relations avec son père.

Comme instrument, il n’y a donc qu’une guitare. C’est la seule œuvre du compositeur avec cet instrument. Il existe bien un « quatuor avec guitare » qui lui est attribué mais, en réalité, il n’est pas de lui. Pourquoi donc la guitare ? En 1813, Schubert rencontre le poète Theodor Karl Kölner, qu’il admire et pour lequel il écrira de nombreux trios vocaux cette année-là. Car le poète est aussi chanteur et il a une voix de basse. Or, le même ne se sépare jamais de sa guitare. On peut donc lier ces éléments pour expliquer le recours à l’instrument et au fait que Schubert, avec cette cantate, écrit précisément un nouveau trio vocal. Mais ce n’est pas Kölner qui l’interprètera pour le père de Schubert puisqu’il avait été tué sur un des champs de bataille de la campagne de 1813 contre Napoléon. On peut donc penser que Schubert a rendu à la fois hommage à son père et à son ami le poète-héros.

Je n’ai pas trouvé d’interprétation pour un trio vocal avec guitare (plutôt avec piano) ; le chœur Arnold Schoenberg a néanmoins interprété cette cantate dans une version pour petit chœur… avec la guitare !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »