28 juin 1834… 187 années jour pour jour. Piquante, frivole, tourbillonnante, les adjectifs peuvent aisément pleuvoir sur ce petit bijou gai et entraînant, en un mot : brillant. De quoi parlons-nous ? Mais de la fameuse « grande valse brillante » de Chopin !

La fameuse « grande valse brillante » (c’est son sous-titre) en mi bémol majeur opus 18 de Frédéric Chopin est sans doute l’une des plus connues de ses pièces et même de ses valses (l’opus 64 excepté, je suppose).

Il la compose vraisemblablement en 1831, avant son arrivée à Paris, et la dédie à Laura Horsford, l’une de ses élèves parisiennes, fille du général anglais George Horsford, ancien gouverneur des… Bermudes ! Ce qui alimente l’incertitude de l’année de composition, c’est que la dédicace, qui apparaît sur la partition autographe, laquelle appartient aujourd’hui à un collectionneur privé, est datée du 10 juillet 1833. Les autres manuscrits autographes, dont l’un a été découvert récemment, ne portent pas de dédicace et ne sont pas datés.

Cette valse fait penser à Weber et à son Invitation à la danse (c’est d’ailleurs le sous-titre de l’édition anglaise de juillet 1834 puisque, comme on sait, les Anglais ne font rien comme tout le monde). Elle est éditée en premier chez Schlesinger à Paris, ce 28 juin 1834.

Piquante, frivole, tourbillonnante, les adjectifs peuvent aisément pleuvoir sur ce petit bijou gai et entraînant, en un mot : brillant.

Elle a été enregistrée des centaines de fois, alors qui choisir ? Le confort moderne ? La vitesse ? La virtuosité ? J’ai découvert pour ma part un document rare et émouvant. C’est un enregistrement de la valse par l’un des plus grands pianistes de son époque, Rachmaninov, qui aimait tant Chopin. Évidemment, le son n’est pas fameux, mais c’est si rare que je vous l’offre !

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »