Instant classique – 29 avril 1822… 198 ans jour pour jour. Qui connaît encore Ignaz Moscheles ? Les mélomanes, peut-être, les musicologues, sûrement, les pianistes, évidemment, puisqu’il est l’auteur d’une méthode d’apprentissage du piano. Mais au-delà de ce cercle très restreint, il y a fort à parier qu’on aurait droit à une moue dubitative, voire à un haussement d’épaule.

Moscheles est l’un des grands pianistes virtuoses du XIXe siècle et il est né à Prague en 1794. Comme la plupart de ses confrères d’alors, il parcourt l’Europe pour y donner des concerts et comme eux il compose des partitions, le plus souvent pour son instrument favori, mais pas seulement. Moscheles s’installe à Londres pendant plus de vingt ans et y organisera de nombreux concerts, devenant de ce fait un proche de Mendelssohn.

C’est sans doute à Londres qu’il a créé ce très beau concerto pour piano, son troisième, en 1822. Ce concerto, très mozartien dans l’esprit mais très beethovénien dans le forme, est dédié à Ferdinand Ries, autre pianiste virtuose et lui aussi compositeur.

C’est une œuvre tout à fait intéressante, caractéristique de son époque, qui ne manque pas d’énergie, et qui annonce çà ou là Chopin lui-même (lequel deviendra également un ami de Moscheles avec qui il correspondra beaucoup). La partition est publiée en 1825 et constitue l’un des témoignages les plus intéressants de l’art de ce compositeur oublié, qui mériterait sans doute une redécouverte.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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