Instant classique – 29 janvier 1791… 229 ans jour pour jour. Mozart vit ses derniers mois… autant de temps passé à composer des derniers chefs-d’œuvre, ainsi que des petites pièces sans prétention telles que les danses allemandes. Même mineures, ça reste du Mozart !

1791. La dernière année de Wolfgang Amadeus Mozart débute par l’achèvement de son dernier concerto pour piano (le vingt-septième) au tout début de janvier. Mais durant tout le mois et celui de février, il s’emploie surtout à accomplir sa charge de Kapellmeister de la Chambre impériale à Vienne : écrire toutes sortes de petites partitions en vue du carnaval.

Le 29 janvier, alors qu’il vient de fêter le 27 son trente-cinquième anniversaire, il termine ainsi six danses allemandes pour orchestre. Qu’est ce donc qu’une danse allemande, me direz-vous ? Il s’agit de danses au rythme vif et enjoué, souvent exécutées en Allemagne, mais qui était connues en Espagne dès le XVIe siècle. Il semble que cette danse était exécutée par plusieurs couples à la fois, chaque cavalier donnant la main à sa cavalière, les couples se suivant en file les uns derrière les autres. Trois pas et une « grue » (on levait le pied sans sauter). Arrivé à l’extrémité de la salle, on faisait une conversion sans se quitter la main. Puis on reprenait pour une seconde partie tout aussi enjouée.

Mozart va passer des semaines à écrire ce type de danses, de contredanses ou de menuets. Il est aux abois, son train de vie très dispendieux le ruine, son couple se fissure. Alors quand la ruine menace, il faut produire. Mais patience, 1791, c’est aussi l’année des derniers chefs-d’œuvre !

Ces petites pièces sans prétention n’ajoutent donc rien à la gloire du compositeur, mais il ne sera pas dit que vous ne ferez pas leur connaissance ! Ça reste du Mozart…

Cédric MANUEL

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Illustration : Le menuet ou scène de Carnaval de Giovanni Domenico Tiepolo
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre)
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Rubrique : « Le saviez-vous ? »