Instant classique – 29 juillet 1879… 141 ans jour pour jour. C’est à la demande du premier violon du Quatuor florentin, Jean Becker, grand artiste venu de Mannheim et qui s’était installé dans la splendide capitale de la Toscane dans les années 1860, qu’Antonín Dvořák écrit son dixième quatuor à cordes.

Becker avait adoré le sextuor que le compositeur tchèque avait composé peu auparavant et c’est la raison de cette commande, sa petite formation étant alors l’une des plus importantes d’Europe. Becker souligne qu’il veut une œuvre à « l’esprit slave ». Ce n’est pourtant pas lui qui le créera, bien qu’il en soit le dédicataire.

Antonín Dvořák commence sa partition à partir de Noël 1878 et la termine le 28 mars suivant, en s’interrompant souvent et sans lui donner toute l’attention qu’il aurait voulu (ou fallu). C’est le fameux quatuor Joachim qui créera cette œuvre néanmoins délicate et sensible (écoutez de ce point de vue son second mouvement) lors d’un concert privé en l’honneur de son premier violon, le très célèbre Joseph Joachim, dans la salle du Conservatoire à Berlin, voici juste cent quarante-et-un ans aujourd’hui.

Il fait finalement peu de doutes que l’œuvre contient bien toutes les caractéristiques de l’inspiration slave requise par Becker.

C’était si naturel pour Dvořák…
Mission accomplie, donc !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »