29 juin 1879… 142 années jour pour jour. C’est au lendemain de la mort de son première enfant, Josepha, que Dvořák compose son trio n°2 pour piano et corde. Ce n’est pas pour autant une longue plainte tragique, mais bien une méditation avec certains mouvements assez enjoués.

Septembre 1875 : Antonín Dvořák est heureux. Près de deux ans après ses noces avec Anna Čermakova, une petite fille, Josepha, voit le jour. Mais la mort fait son sinistre office à peine deux jours après la naissance, laissant le couple en plein désarroi. Même s’ils auront neuf enfants au total, ils vivront ce drame trois fois.

C’est peu après ce deuil douloureux que le compositeur commence à écrire son trio n°2 pour piano et cordes, entre le 4 et le 20 janvier 1876.

Dvořák tient la partie de piano lorsque l’œuvre est créée voici tout juste cent quarante-deux ans aujourd’hui. On pourrait penser qu’à l’instar de Smetana, qui avait fait le sien dans les mêmes circonstances, ce trio est une longue plainte tragique. Ce n’est pas tout à fait le cas, car les mouvements animés sont assez enjoués.

Dans l’ensemble, la partition est plutôt méditative. En particulier le Largo, que je vous propose ici. Ni funéraire, ni torturé, c’est un morceau plein de poésie et d’introspection, presque serein, et d’une beauté que je vous laisse découvrir, avec ici de jeune musiciens très doués, le trio Busch.

Cédric MANUEL



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