Instant classique – 29 mars 1795… 225 ans jour pour jour. Il est relativement commun parmi les vrais spécialistes de musique classique (pas les passagers clandestins comme moi), de considérer le second concerto pour piano de Beethoven comme le moins réussi des cinq. De fait, ce second concerto a été le premier (en termes chronologiques) composé par notre génie bougon en 1795.

Mais dans les deux cas, c’est Beethoven lui-même qui a jeté un voile pudique et un brin dégoûté sur cette partition qu’il n’aimait pas : « Un concerto que je ne donne pas pour un des mes meilleurs ouvrages », disait-il. Fort heureusement, il n’a pas eu pour autant l’idée – comme tant d’autres l’ont fait ! – de détruire la partition.

Le 29 mars 1795, il le joue tout de même en public à Vienne avant de lui apporter jusqu’en 1801 plusieurs corrections et de le publier.

L’œuvre, dédiée à un certain Charles Nickl de Nickelsberg, comporte les traditionnels trois mouvements et fait beaucoup penser à Mozart. J’ai choisi le dernier mouvement, “Rondo”, pour sa gaieté et sa virtuosité. On y entend des danses populaires que Beethoven aurait entendues lors de ses voyages (en 1795, il entendait encore). Une autre légende veut qu’il ait composé ce dernier mouvement en toute hâte, la nuit précédant la création.

La grande Martha Argerich n’en fait qu’une bouchée ici à Verbier en 2009.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »