Instant classique – 29 mars 1828… 190 années jour pour jour. Heinrich Marschner (1795-1861), compositeur saxon, connut son heure de gloire dans la première moitié du XIXe siècle, et on n’en sait guère autre chose.

Il est pourtant rien moins que l’un des chaînons entre Carl Maria von Weber et Richard Wagner, l’un des fondateurs du grand opéra romantique allemand. Le 29 mars 1828, son « opéra d’horreur » Der Vampyr est créé à l’opéra royal de Berlin, deux ans après la mort de Carl Maria von Weber, son mentor. Ce « Vampyr » est d’ailleurs, par bien des aspects, l’héritier du Der Freischütz de ce dernier.

La partition, habile, inventive et contrastée, qui fait du chœur un personnage incontournable, rencontre un très vif succès en Allemagne, puis en Europe, avant de disparaître. Richard Wagner lui-même le dirigea à Würzbourg quelques années après sa création ; ce n’est sans doute pas un hasard, puisque l’œuvre annonce aussi le Vaisseau fantôme et inspira – tout comme le grand chef-d’œuvre de Heinrich Marschner, Hans Heiling – le jeune compositeur.

Si l’histoire n’a pas oublié Carl Maria von Weber parmi les pères spirituels de Richard Wagner, elle a en revanche relégué Heinrich Marschner aux oubliettes de l’art lyrique, ce qui est fort injuste. En témoigne ce bel air d’Edgar Aubry, le héros de l’œuvre, évidemment ténor, ici incarné par Jonas Kaufmann qui a enregistré l’intégrale de l’opéra il y a une quinzaine d’années.

Tirée de Lord Byron, l’œuvre raconte l’histoire d’un lord anglais devenu un vampire et auquel le diable, avant de s’emparer de lui, demande de sacrifier trois jeunes filles. Il tue la jeune Janthe, mais est blessé et guérit de façon magique, grâce à Edgar Aubry auquel il avoue qui il est. Il séduit puis tue à son tour Emmy, fascinée par les vampires ; au moment où il va faire sa troisième victime, Malvina, Edgar Aubry intervient et l’en empêche. Le son d’une cloche arrête le meurtrier qui disparaît, foudroyé.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »



Photographie de Une – Der Vampyr à l’opéra de Berlin (crédits – Iko Freese)