Instant classique – 29 novembre 1873… 188 ans jour pour jour. À 50 ans, Édouard Lalo décide de reprendre une composition de jeunesse et fait œuvre de précurseur : une partition allante et pleine de charme, qui fait date dans l’histoire de la musique française !

C’est un peu étonnant, mais quand, à cinquante ans, Édouard Lalo décide de reprendre une composition de jeunesse – son grand duo concertant publié vingt ans plus tôt – pour en faire une sonate pour violon et piano, il fait œuvre de précurseur dans la musique française de son siècle.

Cherchez bien et vous ne verrez pas beaucoup de partitions du même acabit chez les grands compositeurs-compatriotes de son temps. Gabriel Fauré fera la sienne quelques années après et Saint-Saëns ou Franck attendront la décennie suivante. Ce type d’œuvre est jusque-là cantonné dans le répertoire plutôt germanique.

Lalo l’écrit pour la toute nouvelle Société nationale de musique, qui a pour objet après la terrible défaite de 1870 de promouvoir la création contemporaine française. C’est sans doute parce que l’événement est rare, ce 29 novembre 1873, que les interprètes de cette sonate sont exceptionnels : Pablo de Sarasate – l’un des plus grands violonistes du moment – et Georges Bizet, dont on a oublié qu’il était aussi un grand pianiste.

Il s’agit d’une partition allante et pleine de charme, notamment ses variations, placées là en guise de second mouvement avant un rondo endiablé. Trois mouvements qui font date dans l’histoire de la musique française !

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
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