Instant classique – 29 octobre 1878… 142 ans jour pour jour. Edvard Grieg compose son premier quatuor à cordes, une pièce qui n’entre dans aucun moule, si bien qu’elle n’est guère appréciée de nombreux spécialistes, en dépit de l’admiration que lui reconnaîtra Franz Liszt. Mais écoutez donc ce petit mouvement tout à fait charmant…

En 1877, Edvard Grieg met en chantier son premier quatuor à cordes, qu’il destine à l’ensemble Heckmann qui le crée à Cologne voici cent quarante-deux ans. Les spécialistes du genre – dont je ne suis pas – ne vous diront pas grand bien de cette œuvre jugée au mieux inégale, au pire assez faible.

Elle reçoit pourtant d’emblée un vrai succès, et pas de la part de manchots : en l’entendant un peu plus tard à Wiesbaden, Franz Liszt se propose immédiatement de la faire sortir des frontières germaniques et de la présenter à Rome, où il réside très régulièrement. Le quatuor finit d’ailleurs par être très officiellement publié par l’éditeur Peters, qui a certes beaucoup hésité.

C’est que Grieg n’essaie pas d’entrer dans le moule du genre. Les puristes de l’époque attendent un exercice de contrepoint, mais ce qui caractérise Grieg, c’est l’art de la mélodie et de l’harmonie. D’entrée, son quatuor « sonne » très symphonique et rappelle d’autres de ses œuvres. Mais rien n’y fait, son premier quatuor est généralement jugé peu intéressant, voire raté (son second, presque trente ans plus tard, ne sera pas beaucoup mieux jugé).

Il compte pourtant un mouvement tout à fait charmant et qui a été régulièrement utilisé, je pense, au cinéma : la romanza du second mouvement, pleine de poésie et de grâce. La voici donc et peut-être vous donnera-t-elle envie d’écouter le reste, qui n’est pas si inintéressant que ça pour des oreilles profanes ; en tout cas, il ne m’a pas déplu et me semble tout à fait caractéristique du style très reconnaissable du grand compositeur norvégien.

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
Parcourez notre éphéméride