Instant classique – 3 février 1844… 176 ans jour pour jour. Il ne l’avait pas digéré, le naufrage de son Benvenuto Cellini, en 1836. L’opéra, rebaptisé « Malvenuto Cellini par M. Emberlificoz » par une presse impitoyable, est pourtant un chef-d’œuvre.

Donc, quelques années après le four, Hector Berlioz décide de réutiliser quelques thèmes de sa partition pour en faire une « Ouverture caractéristique », baptisée « Carnaval romain ». On y entend d’abord le duo d’amour « Ô Teresa, vous que j’aime », andante sostenuto, jusqu’au grand chœur « Venez, venez peuple de Rome… », allegro vivace.

La fête et la joie à l’état pur, qui ravissent enfin le public enthousiaste de cette première interprétation, il y a tout juste cent soixante-seize ans, salle Herz à Paris. Tellement enthousiaste qu’il demande à bisser le morceau. Triomphe mérité et dont on peut penser que le très susceptible Berlioz s’est délecté jusqu’au dernier clap.

En voici une interprétation fort connue, par celui qui ressuscita l’œuvre intégrale du grand compositeur français dans les années soixante, Colin Davis (eh oui, il a fallu que ce soit un anglais… soupir… mais reconnaissance éternelle !). Après tout, le carnaval, c’est de saison !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »